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Assumer son ventre sensible

Aujourd’hui je reviens avec un article plutôt axé « humeur ». Vous êtes quelques unes (oui, que des filles) à me suivre et à souffrir de sensibilités digestives. Elles sont parfois dues à des allergies, un syndrome de l’intestin irritable, ou comme moi une sensibilité arrivée avec les étapes de la vie sans pathologie clairement identifiée.

Je trouve les réseaux sociaux assez bienveillants vis à vis de nos sensibilités. En particulier sur instagram (mon réseau favori), où les « régimes » alimentaires alternatifs sont très à la mode. Néanmoins, ce n’est pas forcément le cas dans la vraie vie.

Je voulais te parler du fait d’assumer son système digestif sensible.

Que l’on soit atteint d’une MICI, c’est à dire maladie inflammatoire chronique de l’intestin, d’une autre pathologie comme crohn, le syndrome de l’intestin irritable, ou comme moi sans réelle pathologie mais avec une sensibilité malgré tout accrue, nos douleurs sont invisibles aux yeux des autres.

On peut parfois passer pour « trop à l’écoute de son corps », un peu chochotte, voire certains peuvent même remettre nos douleurs en cause.

Quand on est extérieur à ces maux, c’est parfois compliqué de comprendre qu’un plat trop gras, qu’une salade de crudités ou qu’un resto mexicain peuvent nous affecter pour la journée ou plus.

J’ai moi même vécu cette incompréhension. Les remarques du genre « oh, fais un effort pour une fois ça va pas te tuer ». Ou bien encore « ah oui c’est vrai, toi tu manges pas telle chose » sous un ton plus de jugement que de bienveillant.

Le problème, c’est que si on ne souhaite pas gêner les autres, on va avoir tendance à prendre sur soi et faire cet « effort » qui nous coûte tant. Ou se mettre à l’écart volontairement, pour ne plus subir ces réflexions.

Cela fait maintenant 10 ans que j’ai des problèmes digestifs. Et environ 5 ans que je les assume plus ou moins pleinement. J’ai beaucoup culpabilisé lorsque mes proches ne comprenaient pas que ce n’était pas pour les embêter que je refusais de manger un plat ou un aliment particulier. Et je me suis aussi souvent forcée à manger « comme les autres » quitte à être malade après, pour ne pas avoir à demander une petite adaptation plus digeste.

Mais je ne peux pas faire autrement. Mon système digestif ne me permet pas de tout manger comme je le souhaiterais. Et si je pouvais « guérir » en claquant des doigts, je l’aurais déjà fait depuis longtemps. C’est d’ailleurs pour ça que je suis suivie depuis plus de 8 ans pour apaiser ces maux. Et que je teste de nouvelles approches régulièrement.

Je pense que pour assumer cette part de soi, il faut travailler sur les 2 « parties ». Soi-même. Et les autres.

Quand je parle de travailler sur soi, c’est de comprendre et accepter cette sensibilité digestive. Comme je le disais, on ne peut pas faire autrement que de vivre avec. Ce n’est pas un caprice que de refuser de manger un aliment ou de demander un aménagement de plat si celui-ci est trop indigeste. Tu n’as pas à culpabiliser de tenter de limiter les facteurs de tes douleurs.

Comme tout donc, c’est essentiel d’être bienveillant.e envers toi même. D’ailleurs, si tu angoisses sur l’aspect social de tes soucis digestifs, ceux-ci ne feront que s’amplifier.

Aussi, ce qui peut être intéressant avec tes proches, c’est de tenter de leur expliquer tes douleurs. Par exemple en les informant sur les pathologies liées au système digestif. En expliquant pourquoi un aliment sera moins digeste qu’un autre. Mais aussi en leur montrant que tu es en meilleure forme lorsque tu as correctement digéré ! Tu peux aussi demander à ce que certains aliments soient juste mis à part du plat, pour que tu puisses ne pas les prendre sans empêcher les autres d’en prendre.

Ce sont des actions que j’ai moi même utilisées et qui ont assez bien fonctionné. Il faut dire également que ma famille a pu me voir très malade du fait d’une mauvaise digestion. Aussi, ce qui marche pas mal lors de vacances en famille, c’est de faire comprendre qu’il est plus intéressant d’être vigilent sur les petits repas. En effet tu pourras ensuite manger presque normalement lors d’un repas plus festif.

Je sais que c’est compliqué. Que cet aspect impacte directement notre vie sociale. Que l’on a parfois juste envie de ne pas sortir parce qu’on a pas envie de devoir faire attention, ou d’embêter le monde avec nos restrictions alimentaires.

C’est pour cela que c’est d’autant plus important d’assumer pleinement cette particularité. Moins tu te censureras dessus, plus tes proches trouveront ton mode alimentaire « normal » et n’y feront plus attention.

As tu déjà subi des remarques à cause de ton mode alimentaire, de ton ventre sensible ?

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Categorie:Réflexions
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