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Découvertes à cogiter – juillet 2018

Alors qu’il fait pas moins de 36 degrés à l’extérieur et 31 chez moi, je prends le temps de te partager mes découvertes du mois de juillet. Ce mois-ci, mon cerveau n’a pas eu de vacances ! J’ai réfléchi, pensé, théorisé. Ce que j’aimais dans la philosophie lorsque j’étais au lycée, c’est qu’à partir des réflexions d’auteurs, on pouvait en tirer notre propre réflexion. Une gymnastique à laquelle j’aime encore me prêter, d’ailleurs ce n’est pas pour rien que le blog s’appelle « graines de réflexions »;) .

Avec le chéri ce n’est d’ailleurs pas rare que nous refassions le monde le temps d’un repas ou d’un long trajet ! C’est ce que je te propose aujourd’hui : des sources de réflexion pour te faire réfléchir sur notre société actuelle.

Lecture – Farenheit 451 – Ray Bradbury

Après avoir fini son mooc sur la science fiction, mon chéri a été pris d’une envie irrépressible de lire les classiques du genre. Et cela tombe bien parce que moi aussi, depuis une précédente sélection du club de lecture de Mango&Salt, j’avais envie de lire ce fameux livre : Farenheit 451.

Voici le résumé :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Cette lecture m’a tellement happée que j’ai terminé le livre en 2 jours. On ne peut que comparer l’histoire à ce qui se passe actuellement dans notre société, et pourtant il a été écrit en 1953 ! Une prédominance de la distraction voire une aseptisation des pensées. L’apparence du bonheur primant sur la réalité de nos quotidiens. Des hommes déconnectés de l’instant présent et de la nature. J’ai eu des frissons dans le dos, à pouvoir assimiler certains comportements des personnages, à des personnes réelles.

C’est un livre sombre, une dystopie, qui prête à se retourner et réfléchir sur nos actes. Doit-on à tout prix se laisser aller à un endormissement de la pensée, sous prétexte qu’elle nous fait parfois nous poser trop de questions ?

Je te pose là quelques passages qui m’ont particulièrement faite réfléchir :

« Vous vous rappelez sûrement le gosse qui, dans votre classe, était exceptionnellement « brillant », savait toujours bien ses leçons et répondait toujours le premier tandis que les autres, assis là, comme autant de potiches, le haïssaient. Et n’était-ce pas ce brillant sujet que vous choisissiez à la sortie pour vos brimades et vos tortures ? Bien sû que si. On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l’image de l’autre, comme ça tout le monde est content »

« Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu’il oublie jusqu’à l’existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d’impôt, cela vaut mieux que d’embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel Etat ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez les de « faits », qu’ils se sentent gavés mais absolument « brillants » côté information. Ils auront alors l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du surplace. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas »

Podcast & youtube – La chaine Thinkerview

J’ai découvert cette chaîne grâce à Gilles Lartigot (dont je t’ai fait un résumé de ses livres ici), car il nous en a fait l’éloge lors de sa conférence au Furet du Nord fin juin.

Thinkerview, c’est une chaine youtube et de podcast qui propose d’interviewer des personnes dont la pensée te permet de développer ta réflexion sur un sujet d’actualité. L’actualité ayant un sens large, puisque l’on passe de la politique étrangère à l’écologie, au rôle du journalisme, à la bioéthique… Bref que des sujets hyper passionnants pour comprendre le monde qui nous entoure aujourd’hui. Les sujets étant très « lourds » à appréhender, je laisse quelques jours s’écouler après l’écoute de chaque épisode. Cela me permet de repenser à ce qui a été dit, et parfois de regarder d’autres sources d’information pour affiner mon opinion.

Voici les objectifs avoués de Thinkerview :

« Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.

-Ecouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.

-Appréhender toute la complexité des enjeux actuels et futurs de notre monde »

Je te recommande particulièrement les interviews de : Pablo Servigne sur la théorie de l’effondrement, Isabelle Saporta sur l’agriculture intensive et notre alimentation toxique, et celle de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd.

Podcast la tête au carré / Le temps d’un bivouac – La guerre des métaux rares

J’étais déjà informée des problématiques environnementales de l’extraction des métaux tels que l’or et l’argent pour fabriquer nos bijoux, et des pierres les accompagnant. Mais j’étais moins au courant de la problématique écologique des métaux rares servant aux outils technologiques.

Cette émission nous parle du désastre écologique et des question géopolitiques qui se posent vis à vis de la production actuelle de métaux rares.

Ces métaux, que l’on appelle aussi terres rares, sont utilisés dans tous nos appareils électroniques du quotidien : smartphone, disque dur, batterie, télévision, voiture. Mais aussi dans l’industrie et dans l’armement.

Mais voilà, d’abord on a laissé la Chine devenir le producteur n°1 mondial de ces métaux. Pas moins de 10 000 mines sont en activité dans ce pays, plus de 95 % de la production provient de là bas.

Au niveau géopolitique, c’est déjà très mal joué par les autres pays qui sont totalement dépendants du bon vouloir de la Chine sur le taux et les méthodes de production. Pourtant, d’autres pays sont totalement capables d’extraire ces métaux puisqu’ils se trouvent partout sur la planète. Tu imagines les dégâts que cela peut faire, si on se mettait mal avec la Chine, mais que de l’autre côté nous sommes tributaires de son approvisionnement en métaux pour produire notre armement et nos outils technologiques ?

Un autre problème, c’est l’environnement. Comme pour la plupart de nos activités modernes, tout est guidé par le moindre coût. On a sacrifié des méthodes plutôt respectueuses en termes d’émissions de CO2, de pollution des sols et de la santé des hommes, pour pouvoir produire plus et moins cher. Résultat : des « villages cancer » autour des mines et des lacs de rejets toxiques.

L’intervenant de l’émission nous explique que l’on a toutes les solutions pour réduire l’impact environnemental de ces activités. Mais qu’on ne le fait pas uniquement pour des questions financières.

Se pose alors la question de comment agir, à notre échelle, contre ce désastre ? Ma réponse sera très simple : à défaut de pouvoir totalement arrêter de consommer ce genre de produits, consommons de manière raisonnée.

As-tu vraiment besoin de ce nouvel ordinateur dernier cri neuf, alors que le tien fonctionne encore ? Ne peux-tu pas privilégier un achat d’occasion ?

Parce qu’à défaut d’avoir un système de recyclage de ces matériaux efficace, la meilleure option est encore d’éviter leur production. Ainsi, l’achat d’occasion permet de limiter l’extraction de nouveaux métaux et de réutiliser, à notre façon, ceux déjà dans le circuit.

Se pose aussi la question du réel aspect écologique des voitures électriques et des nouvelles technologies d’énergies vertes. Elles aussi nécessitent l’utilisation de ces métaux rares. Et si l’idée est bonne et « bénéfique » au long terme, le fait est que sur le moment elle reste aussi polluante qu’une technologie conventionnelle.

J’espère donc qu’au lieu de développer de nouveaux gadgets pour notre confort de vie, les ingénieurs d’aujourd’hui se creuseront davantage les méninges sur une technologie dont la production est plus verte.

Quelles ont été les lectures, vidéos, écoutes, qui t’ont fait.e réfléchir ce mois-ci ?

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Categorie:Lectures, Réflexions
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