15 49.0138 8.38624 1 0 4000 1 https://www.grainesdereflexion.com 300

Reconversion – 1 an après le déclic

Cela fait quasiment 1 an que j’ai ressenti ce déclic se faire en moi. Nous étions un mardi soir, comme depuis plusieurs mois je me sentais mal dans mon emploi. J’avais envie de changer, mais je ne savais pas quoi faire. Je voulais me tourner vers un métier en lien avec la santé, je savais que c’était ce qui me convenait, et je voulais me rendre utile. J’étais ce soir là dépitée de voir que les formations de sage-femme étaient beaucoup trop longues et pas accessibles à des personnes avec un métier à côté (faut quand même passer la 1ère année de médecine…). Et puis je suis tombée sur un article de blog, où la personne expliquait sa reconversion en tant que diététicienne. De fil en aiguille au cours de la même soirée, j’ai récolté plusieurs témoignages. Puis je me suis mise à pleurer, de joie et de libération. J’ai senti au fond de moi que c’était CE métier que je souhaitais exercer. Il correspondait à tous mes critères :

– Travailler dans le domaine de la santé

– Avoir l’occasion de travailler en collaboration avec d’autres professionnels de santé (en hôpital, clinique ou maison de santé)

– Améliorer la qualité de vie de mes patients

– Me sentir utile, tout simplement

– Parler de nutrition, mon hobby depuis de nombreuses années

– Avoir une formation accessible avec un emploi à côté

Depuis ce mardi soir, il ne s’est pas passé un seul jour sans que je ne pense à ce futur métier. Ma reconversion était bien en marche.

Aujourd’hui je voudrais faire un petit bilan avec toi sur cette année écoulée. Ma reconversion va durer jusqu’à l’été 2021, où si tout se passe bien, je recevrai mon diplôme de diététicienne-nutritionniste.

On va parler de peurs et de doutes. Mais aussi de toutes les petites actions que j’ai mises en place pour avancer concrètement, sereinement et à mon rythme, dans ce projet.

D’où je viens ?

Il est peut-être bon que je te rappelle brièvement quelques faits sur moi. J’ai bientôt 26ans et je travaille depuis mes 21 ans. J’ai une licence de droit et actuellement j’ai un poste de cadre dans une grande administration. Mon quotidien correspond à un poste de juriste puisque je m’occupe de tout ce qui a trait aux contentieux de mon administration.

J’ai toujours souhaité un métier stable et bien rémunéré. On (j’entends par là la société qui m’a vue grandir) m’a toujours murmuré à l’oreille que mon métier était là pour me faire vivre, pas pour me passionner. Sauf que j’ai rapidement réalisé que je ne pourrais pas faire 40 ans dans une administration dont je ne supporte pas les pratiques, dans un bureau, à effectuer des tâches dont je ne vois même pas le sens. Ayant un besoin viscéral de me rendre utile, je croyais que le service public me contenterait. C’était une erreur.

Bien qu’étant encore assez jeune, c’est très compliqué de se reconvertir quand on a déjà un emploi stable. Je pense donc que mon cas peut parler à toute personne dans cette situation. On a déjà commencé à engranger des frais, et on ne se voit pas retourner vivre chez ses parents pour X années. Si on est accompagné, on a aussi cette responsabilité vis à vis de son conjoint, de ne pas le laisser « faire tourner la boutique » seul.

Des doutes et des peurs ?

Comme tout changement, les doutes et les peurs sont des réactions normales. Je t’ai d’ailleurs proposé l’année dernière un épisode de podcast dédié à ces doutes et peurs que j’avais avant de me décider à me reconvertir.

Depuis ce fameux jour de février, je n’ai jamais douté de mon envie d’être diététicienne. Contrairement à d’autres idées que j’avais eues, comme la naturopathie, où le doute était constant et où par conséquent je n’arrivais pas à me mettre en action.

Mais évidemment, j’ai eu une palette d’émotions pendant toute cette année. Je n’ai pas hésité une seconde à entamer ma formation rapidement. Dès mars, je faisais une mise à niveau pour pouvoir prendre de l’avance sur le BTS avant la rentrée de septembre.

Par contre, la question que je me suis beaucoup posée est celle de la date à laquelle je quitterai mon emploi actuel. Ma formation va durer 3 ans, mais je peux très bien conserver mon emploi après le diplôme. Il y a des périodes où le plus vite était le mieux. D’autres où je me suis dit que j’allais attendre d’être installée en Bretagne, ou que l’on ai acheté notre 1ère maison avec le chéri.

Derrière cette question précise, c’est la peur de pouvoir vivre de mon futur métier qui s’exprimait. J’ai lu énormément de témoignages selon lesquels le secteur est bouché. Que l’on ne trouve pas d’emploi salarié. Et qu’en libéral, c’est difficile d’atteindre le SMIC.

J’ai donc beaucoup lutté contre cette peur. Quitter mon emploi, où je suis très bien payée, pour un emploi qui ne me garantira pas de salaire viable. Est-ce raisonnable quand on est pas encore propriétaire ?

Néanmoins, le mal être constant et de plus en plus profond dans mon job fait que désormais, je préfère me donner tous les moyens pour réussir dans ce nouveau métier, quitte à galérer un peu au début. Selon les circonstances (on ne sait pas de quoi sera fait 2021), je souhaite demander un mi temps à mon employeur pour la 1ère année. Et trouver rapidement un emploi à temps partiel, puis m’installer en libéral.

Je doute aussi régulièrement de mes capacités à réussir ce diplôme. Il est beaucoup plus ardu qu’imaginé. J’ai donc des coups de mou dans ma formation, où je me dis que je n’arriverai jamais à tout apprendre. D’autant que je suis très perfectionniste, alors pour moi il est impossible de faire des impasses alors que j’estime que tout est essentiel pour être bien parée au métier.

Pendant ces périodes, je révise un peu moins. Je prends du temps pour moi. Et je me nourris de la positivité des diététiciennes ayant réussi. Cela me re-booste en général assez rapidement, sous quelques jours.

Quelles avancées depuis février 2018 ?

Heureusement, beaucoup de choses positives se sont produites depuis 1 an !!! Et c’est ce à quoi il faut se raccrocher lorsque la fatigue tape à la porte.

J’ai énormément progressé dans les matières que j’ai choisies pour l’examen de 2019. Je me sentais incapable d’études scientifiques après un bac littéraire et du droit. Le fait est qu’en réalité je suis comme un poisson dans l’eau en biochimie. Je suis passionnée par tous les cours que j’apprends.

Mon projet professionnel s’est élargi. Je comptais me spécialiser dans l’alimentation végéta*ienne et les besoins des femmes en temps de grossesse et post-accouchement.

Le fait est qu’en réalité le métier est si fascinant, et mon besoin d’aider tout le monde si important, que je ne me limite plus à un domaine. Bien évidemment j’ai des préférences : le soin thérapeutique m’intéresse plus que la perte de poids « conventionnelle ». Je lis énormément sur les pathologies en gastro-entérologie. Je me passionne pour l’obésité et les TCA. L’oncologie m’intrigue et j’espère avoir l’occasion d’en apprendre plus pendant mes stages. Les problèmes de dénutrition des personnes âgées m’intéresse de plus en plus. Et évidemment l’aspect « mieux manger » pour une meilleure santé et une meilleure planète, a une place importante.

L’inconvénient : je ne peux pas tout voir. Ni être experte en tout. Alors j’essaie d’y aller par étapes. En me disant que j’ai toute une vie pour pratiquer ce métier.

L’autre évolution que tu as dû voir, c’est que le blog et le podcast se sont vraiment spécialisés dans l’alimentation. Ma passion a vraiment pris beaucoup de terrain. J’essaie de conserver l’aspect réflexion en termes de reconversion / organisation, mais ce thème reste minoritaire.

Des nouveaux projets ?

Je n’ai pas de projet particulier hormis celui de réussir mon diplôme et de trouver rapidement un emploi. Puis de me mettre à mon compte. J’essaie de trouver des stages dans des lieux dont la prise en charge intéresse le plus. J’espère que ceux-ci m’aideront à me spécialiser davantage.

Un projet déjà en cours, c’est mon bénévolat à l’association Miam. Qui promeut la consommation de fruits et légumes dans le cadre d’une alimentation variée. J’ai déjà publié une recette pour leur site. Et participé à plusieurs événements sur Paris pour l’association. Je compte m’y investir un peu plus, car leur mission m’intéresse beaucoup.

Et puis évidemment continuer le blog et le podcast, pour toujours mieux t’informer et t’aider dans ton cheminement !

J’espère que tu as aimé ce petit bilan. Que tu me connais un peu mieux. Mais aussi j’espère qu’il t’a rassuré.e si tu t’engages dans la voie de la reconversion. Ce n’est pas qu’un chemin difficile où tu luttes H24. C’est aussi une belle période pour grandir, évoluer, gagner en confiance, et surtout pour te donner les moyens de prendre ta vie en main.

Partager:
Articles précédents
Découvertes à cogiter – janvier 2019
Articles suivants
Podcast épisode 33 – Batch-cooking / Batch-cooquoi ?

9 Commenter

  • février 11, 2019 à 3:01
    EmmaVegetalista

    Super article, je me reconnais dans ce que tu dis, les cours viennent de commencer mais j’y suis inscrite depuis des mois, donc ça cogite beaucoup etc…. pour les doutes, je suis propriétaire et ce n’est pas plus rassurant car on n’a peur de ne pas assez gagner d’argent pour pouvoir assumer ce prêt immobilier. En naturopathie aussi on a tendance à nous dire qu’il est compliqué d’en vivre à plein temps, mais compliqué ne veut pas dire impossible. Donc il faut être optimiste, faire les choses avec le cœur (comme tu le fais) tout en étant focus sur des objectifs. En tout cas c’est un super parcours, et j’aurais aimé me trouver plus tôt, comme toi, avant les enfants, ce serait été plus simple. Mais ce sont mes enfants qui m’ont aidé à découvrir et accepter qui je suis donc…. c’est ainsi, et ça ira aussi ^^

    Réponse
  • février 11, 2019 à 9:32
    Alexandra

    Bonjour Lorène,
    Merci pour cet article.
    C’est très courageux cette reconversion, et en même temps je sais comme le fait de ne plus trouver de sens en ce que l’on fait au quotidien peut booster la motivation pour faire autre chose de plus épanouissant.
    Aussi étant atteinte d’une RCH je suis ravie de voir que certaines personnes se penchent sur la question de la diététique dans ces maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou en tout cas sur la gastro enterologie!
    Je cherche de mon côté également une reconversion professionnelle.
    Bon courage à toi.
    Et merci, ta façon de présenter les choses simplement et calmement me font penser que tout est possible..

    Réponse
  • février 11, 2019 à 10:13
    Pêche & Églantine

    Eh bien quel parcours … BRAVO !

    Ton histoire m’inspire énormément, tant pour ton courage, ta détermination que pour la voie que tu as choisi autour de la nutrition et de l’accompagnement des personnes.

    Je te souhaite de continuer sur cette belle lancée et vu les projets que nous avons toutes les deux, peut-être qu’un jour nos chemins se croiseront, qui sait…

    Bisous, Pêche
    https://pecheneglantine.fr

    Réponse
  • février 12, 2019 à 7:22
    Marie

    Bonsoir Lorène, Un grand bravo ! J’admire.

    Réponse
    • février 26, 2019 à 8:16

      Merci Marie c’est adorable <3 !

      Réponse
  • février 22, 2019 à 11:12
    Lolo

    Bonjour,
    Félicitation pour ton courage d’oser changer, même si visiblement c’était devenu une nécessité mentale !
    J’aimerais commencer également cette formation, mais j’hésite sur l’organisme soit le CNED (1800€ les 2 ans) soit EDUCATEL (3700 euros les 2 ans). Leur argument principal pour cette différence de prix est un meilleur suivi, (professeur que l’on peut appeler ou contacter par mail quand on veut, j’ai du mal à le croire). D’autres avantages comme une meilleure progression (module à valider avant de passer au suivant) et des petites choses comme ça… je ne suis pas sûr que ça vaille le coup. Le plus important c’est finalement le contenu des cours mais impossible de trancher sans avoir la possibilité de les comparer l’un l’autre.

    Es-tu satisfaite du CNED en BTS diététique ? Y-a-t-il des prof/tuteur vraiment joignable si on ne comprend pas quelque chose dans le cours ? Les cours sont-ils bien faits (notamment pas d’erreurs) ?
    Merci d’avance pour ta réponse

    Réponse
    • février 26, 2019 à 6:40

      Re-bonjour Lolo !

      Je viens de te répondre sur l’autre article dédié au BTS 😉

      Pour approfondir la chose, oui je suis assez satisfaite du CNED. Je n’utilise personnellement pas les suivis par les professeurs. Mais les filles que je connais et qui le font sont généralement satisfaites (réponse rapide et assez claire).

      Les points négatifs du CNED sont une mise à jour tardive des nouvelles recommandations, une difficulté à avoir des informations informatives, et quelques coquilles dans les cours.
      Néanmoins je trouve que les cours sont de bonne qualité et largement suffisants pour passer les examens.

      Concernant educatel, j’ai des retours positifs et d’autres négatifs. Malgré tout, une bonne partie des étudiants passent le BTS avec le CNED et estiment que c’est le meilleur rapport qualité/prix.

      Belle journée !

      Réponse
  • février 26, 2019 à 10:14
    Lolo

    Je n’ai pas trouvé ton autre réponse (tu aurais le lien de l’article en question?) mais celle-ci est parfaite merci !
    C’est bon c’est décidé je le passerai par le CNED. Et je vais profiter du temps jusqu’à septembre pour faire ma remise à niveau (mon BAC S a presque 20 ans ! mais j’adore la physique/chimie/biologie alors c’est un plaisir de m’y remettre).
    Après 8 ans de comptabilité/gestion et 8 ans à mon compte j’ai décidé de passer ce diplôme car je suis passionné de nutrition et je prévois l’éventualité d’une fermeture de mon entreprise d’ici 2-3 ans, ou pas, on verra.

    Par contre j’ai simulé une recherche d’emploi sur pôle emploi… 0 résultat sur 100km à la ronde ! C’est pas gagné, à part un boulot chez nature house !
    Et se mettre en libéral, quand les gens ont la possibilité de consulter leur médecin gratuitement, pourquoi paieraient-ils pour voir un.e diététicien.ne ?

    J’avais déjà lu qu’il y avait peu de débouché, mais ça ne fait rien, ça me plait alors je fonce.

    J’espère que ta motivation est toujours intacte, bonne soirée !

    Réponse
    • février 27, 2019 à 8:42

      Bonjour Lolo !

      Voici un petit copié/collé de la réponse dont je te parlais : « Bonjour Lolo,

      Je ne parle pas d’Educatel dans mon article, leur rapport qualité/prix n’est à mon sens pas le meilleur. Je parle des tarifs du CNED qui, si je me faisais financer ma formation par mon employeur, me coûterait 3 000 €. En formation globale sur 2 années sans financement d’un organisme ou d’un employeur, les tarifs du CNED sont d’environ 800 € / année, soit environ 1 600 € (à ajouter des frais annexes de type cours papiers pour 100€, et ateliers en présentiel aux tarifs variables).

      Je te conseille le CNED avec lequel je suis mes cours et qui globalement est de bonne qualité. Certaines personnes sont aussi contentes d’Educatel mais je vois aussi beaucoup de déçus.

      Belle journée ! »

      En tout cas, bravo pour ton courage et la décision de te lancer dans le BTS 🙂 c’est une belle aventure qui commence.
      Tu auras parfois des coups de mou mais l’important est de rester régulière dans ton apprentissage et de toujours te remémorer ton objectif final.

      En effet les débouchés sont assez minces. En général les diets cumulent plusieurs emplois entre le salariat et une activité libérale. Il faut savoir switcher entre différentes missions.

      Ma motivation est au beau fixe. J’ai parfois des doutes sur mes capacités, et sur le fait de réussir le programme à temps. Mais pour l’instant je n’ai pas à me plaindre 🙂

      Belle soirée à toi

      Réponse

Laisser un message