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Reconversion – Suis-je sur la bonne voie ?

On se retrouve pour un article purement axé réflexion. Vous êtes plusieur.e.s à venir me parler et me dire entre autre que vous ne savez pas trop où vous en êtes. Vous n’êtes pas sûr.e.s que ce soit « la bonne voie » que vous empruntez.

C’est déjà très bien d’en être arrivé là : à réfléchir sur ton avenir, à vouloir reprendre en main ta vie professionnelle. Car c’est à mon sens ce qui te permettra de t’épanouir dans les années à venir.

Tu te souviens de cet article de mars, où je t’annonce pleine de joie avoir trouvé ma voie. Ce déclic était le résultat de nombreux mois d’introspection, de lectures, de réflexions. Et si aujourd’hui il ne se passe pas un jour sans que je ne sois plus convaincue du chemin que j’emprunte, je pense que quelques précisions s’imposent.

La quête de LA bonne voie

Dans cet ancien article, j’ai employé le terme « ma voie ». Et on le retrouve d’ailleurs un peu partout désormais. Comment trouver sa voie, son chemin de vie etc. C’est l’expression de l’idée selon laquelle notre vie devrait être linéaire. Pleine de virages illustrant nos hauts et nos bas, mais malgré tout linéaire. On trouve notre voie, et on n’en change plus.

Et pourtant aujourd’hui je crois qu’il est nécessaire d’accepter l’idée que notre vie (professionnelle mais évidemment ça fonctionne pour le reste), est pleine de changements. On va bifurquer, prendre des chemins alternatifs, voire carrément changer de cap. Nos aspirations ne sont pas forcément identiques pendant 40 ans.

On nous apprend tous enfants à choisir un métier que l’on fera plus tard. Et à le suivre pour les 40 prochaines années. Si les personnes en reconversion acceptent l’idée de prendre une voie parallèle, c’est majoritairement avec l’idée qu’elles suivront cette nouvelle voie, qui en fait était la VRAIE voie (l’ancienne était illusion), tout le reste de notre vie.

Du coup quand on prend des risques dans notre reconversion, on angoisse vis à vis de la possibilité que le chemin emprunté n’est pas le BON. « Est-ce que je me vois exercer telle profession jusqu’à mes 67 ans ? ». C’est là que notre vision nous trompe. Et que certaines personnes préfèrent ne pas prendre de risque. Car le coût en serait trop élevé.

Nous sommes dans une époque où faire carrière dans le même poste est devenu exceptionnel.

Nous sommes davantage à l’écoute de nos besoins et de nos envies. Souviens toi tes envies étant enfant, adolescent.e, jeune adulte. Combien de fois as tu changé d’envie ? Combien de fois as tu estimé que tu t’étais « trompé.e de voie » ? Penses tu que parce que maintenant que tu es un.e adulte responsable, tes envies ne vont plus changer ? Et est-ce que tu es prêt.e à mourir d’ennui aujourd’hui, et pour les 30 années à venir, parce que tu as peur de ne plus avoir envie de travailler dans tel domaine d’ici 10, 15, 20 ans ?

Parfois on dévie. On change de voie. Et ça n’est pas fatal. Et ça ne devrait pas paralyser ton besoin de changement maintenant.

Les prochaines décennies ne verront pas un marché de l’emploi statique comme il l’a été au XXème siècle. Et je pense sincèrement qu’une personne lambda exercera plusieurs métiers, peut être des dizaines de métiers, dans sa seule carrière.

Que signifie changer de voie ?

Personnellement, ma reconversion est un changement de cap. Je passe du domaine juridique à celui de la santé – Bien que l’aspect « utilité publique » reste présent. Et du salariat (le nec plus ultra du salariat : fonctionnaire ! Le truc que t’es censé.e jamais quitter avant ta retraite) à une bonne partie en entrepreneuriat.

Néanmoins, la manière dont j’imagine mon futur métier de diététicienne-nutritionniste pourra évoluer avec le temps. Et c’est déjà en soi la preuve que ce chemin n’est pas linéaire. Par exemple, je pourrai retourner à 100% au salariat, dans une maison de retraite, dans un hôpital, pour une entreprise privée. Ou développer des projets entrepreneuriaux divers. Cela me permettra de faire évoluer mon métier avec mes aspirations. Et si un jour celui-ci ne me convient plus, je ne m’enfermerai pas dans un carcan et entamerai de nouveau un processus de réflexion.

Si cette fameuse voie que l’on cherche tous et toutes n’est pas si linéaire qu’on l’idéalise, rien ne t’oblige à chaque fois à changer de direction. Tu peux juste prendre de petits chemins alternatifs, comme je te l’illustre avec le métier de diététicienne. Si tu es salarié.e dans une grande entreprise, tu peux changer de poste, monter en grade, passer dans une autre filiale. Il existe d’ailleurs un terme intéressant : l’intrapreneuriat. Si tu es à ton compte, tu peux varier tes clients, tes projets. Parfois même une formation dans ton domaine permet d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Ecoute tes aspirations. Certes, ne change pas forcément de métier radicalement sur un coup de tête. C’est une réflexion qui se mûrit afin de savoir si notre malaise est lié à notre activité actuelle ou non, si on ne peut pas déjà modifier de petites choses, ou s’il faut vraiment penser à une reconversion. Mais ne reste pas non plus dans un malaise ancré par peur de l’échec ou d’emprunter une mauvaise voie.

Accepte l’idée que le chemin que tu as pris jusqu’à présent répondait à tes aspirations du moment. Et celui que tu t’apprêtes à prendre répondra à tes nouvelles aspirations, tout aussi légitimes. Qu’enfin, peut être une autre voie s’ouvrira à toi dans X années, grâce au chemin que tu auras parcouru.

D’ailleurs, pour finir sur cette illustration : pour chaque chemin il y a une alternative. Une intersection, un chemin de traverse, ou parfois la possibilité de faire demi-tour.

Es-tu angoissé.e à l’idée que ta reconversion ne t’emmène pas sur la bonne voie ?

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Categorie:Réflexions
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1 Commentaires

  • octobre 14, 2018 à 6:58
    Solène

    Bonjour Lorène,
    Cette réflexion est très intéressante et me parle totalement. J’ai 25 ans, sans emploi actuellement et en remise en question totale !
    Les emplois accessibles grâce à mes études (commerce/communication) ne me tentent absolument pas. J’ai travaillé seulement pendant 2 ans donc je choque toutes les personnes à qui je parle de mon idée de reconversion, tu as peut-être connu ça également !
    Cette peur de me « tromper » dans ma reconversion est très présente. Pour l’instant je n’en suis qu’au stade de la recherche, je beaucoup d’idées vagues mais je n’arrive pas à me fixer sur un métier qui me plaît totalement. J’ai en plus un peu de mal avec la prise de décision en général.
    Je pense me mettre la pression encore plus sachant que j’ai terminé mes études il y a peu de temps, j’ai donc peur de répéter la même « erreur ». Pourtant je me dis que les études ne sont jamais du gâchis et ce bagage me sera utile pour divers aspects personnels et professionnels. Mais la peur reste bien présente !
    Bonne soirée 🙂
    Solène

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